Rencontre maritime : Corsaires et Pirates

Florian Maurena nous a tenues en haleine avec ses récits de pirates, de corsaires et d’aventures maritimes. Entre batailles navales, lettres de course, pillages et destins parfois étonnants, cette conférence nous a permis de mettre enfin un peu d’ordre dans tout ce vocabulaire de la mer.

Car aujourd’hui, nous savons vraiment faire la différence entre un pirate et un corsaire !

Pirate ou corsaire ?

Le pirate est avant tout un hors-la-loi. Il parcourt les mers, attaque et pille les navires pour son propre compte, sans agir au nom d’un souverain ni d’un gouvernement.

Il n’obéit qu’aux règles fixées par son équipage et vit en marge de la société. La piraterie étant considérée comme un crime, ceux qui étaient capturés s’exposaient aux peines les plus sévères.

Le corsaire, lui, évolue dans un cadre bien différent.

Il possède une autorisation officielle, la fameuse lettre de course ou lettre de marque, délivrée par un souverain. En temps de guerre, il peut ainsi attaquer les navires marchands appartenant aux puissances ennemies et s’emparer de leurs cargaisons.

Cette lettre change tout : le corsaire agit au service de la Couronne et bénéficie d’un statut reconnu. S’il est capturé, il peut notamment être considéré comme prisonnier de guerre et non comme un simple brigand.

Des Français entrés dans la légende

L’histoire de la piraterie et de la course nous entraîne naturellement vers le Nouveau Monde, les Caraïbes et les grandes routes commerciales fréquentées par les marins anglais, irlandais, espagnols, portugais… mais aussi français.

Impossible bien sûr de ne pas évoquer Jean Bart, le célèbre corsaire dunkerquois, passé à la postérité notamment pour avoir contribué à sauver la France de la famine en capturant un important convoi de blé.

Dans un registre beaucoup moins glorieux apparaît François l’Olonnais, pirate français à la réputation particulièrement sanguinaire.

Surnommé le « Fléau des Espagnols », il s’attaquait principalement aux navires et possessions espagnoles. Sa brutalité est devenue légendaire, tout comme sa fin : après un naufrage sur les côtes d’Amérique centrale, il aurait été capturé puis tué par des populations locales, les récits de l’époque allant jusqu’à raconter qu’il aurait été dévoré.

Les mers du XVIIe siècle n’étaient décidément pas de tout repos !

De corsaire à pirate, il n’y a parfois qu’une lettre

La frontière entre les deux mondes pouvait cependant devenir beaucoup plus mince qu’on ne l’imagine.

Le corsaire n’étant pas un marin permanent de la Marine royale, la fin d’une guerre pouvait aussi signifier la fin de son activité.

Que faire alors lorsque l’on est un excellent marin, rompu au combat, parfaitement au fait des routes commerciales et habitué à capturer des navires chargés de marchandises précieuses ?

Certains retournèrent à une vie plus tranquille. D’autres préférèrent poursuivre leurs activités… mais cette fois sans autorisation.

Le corsaire devenait alors pirate.

Une simple lettre de marque pouvait donc séparer l’aventurier au service du roi du brigand recherché sur toutes les mers.

Et les flibustiers ?

Restait encore un terme à éclaircir : celui de flibustier.

Le flibustier est essentiellement associé aux Antilles et à la mer des Caraïbes, particulièrement aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Son mode de vie se rapproche de celui du pirate : il agit généralement pour son propre compte et participe aux attaques et aux pillages. Mais l’histoire est, là encore, plus nuancée, car certains flibustiers pouvaient ponctuellement être engagés par des gouvernements lors de conflits ou lorsqu’il fallait renforcer des équipages.

Pirates, corsaires, flibustiers… derrière des mots que l’on utilise souvent indifféremment se cachent donc des statuts, des règles et des histoires bien différentes.

Grâce au talent de conteur de Florian Maurena, nous avons navigué pendant quelques heures entre histoire et aventure, avec le sentiment d’avoir entrouvert une porte sur un monde fascinant.

Et désormais, si l’on nous demande la différence entre un pirate et un corsaire, les Littor’Elles ont la réponse !