A la suite de quelques aléas avec le matériel d’Habitat 62, nous avons dû transférer la conférence à L’Holiday Inn. Cela n’a pas perturbé notre conférencier, ni les adhérentes qui ont beaucoup apprécié la passion de M. Terrien.

Il faut se rappeler que le cinéma est né en France  et qu’au départ le cinéma étant muet,  les œuvres réalisées ont tout de suite fait partie du domaine artistique au même titre que la peinture, la littérature ou la musique. On va dire d’un  film muet, c’est un vieux film, or parle-t-on de vieux compositeur ou vieux peintre ?

Avec l’arrivée du « parlant », est arrivé le film commercial.

Le réalisateur est un metteur en scène comme au théâtre, il dirige les comédiens d’après un scénario, il a un travail d’illustrateur.

Le cinéaste, au contraire, part d’une sorte de livret, comme à l’opéra : Le style devient une écriture.

Un cinéaste traite un sujet par son style, comme un peintre interprète à sa manière ce qu’il voit.

 

Chaque cinéaste a sa vision de la femme.

On distingue plusieurs périodes dans l’histoire du cinéma

-         L’âge classique de 1914/ 1959 : le muet et début du parlant

-         l’âge moderne une douzaine d’année1960 /1970

-         le néo classique jusqu’au année 1980

-         le post moderne

-          le cinéma contemporain

 

 

Pour  Chaplin, la femme est fragile, vulnérable,  par contre Kubrick  se refuse à traiter de la femme. Son univers est uniquement masculin.

On peut dire que le cinéma est platonicien : il ne filme pas le réel mais la représentation du réel.

M. Terrien nous montre des extraits de films :

« les femmes » de George Cukor

La femme est assimilée au monde végétal ou au monde animal. La femme est entourée de fleurs, l’homme est dans un décor minéral.

Pour D.W.Griffith, la femme est une enfant victime d’un ordre patriarcal. Chaque cinéaste a contribué à faire avancer le cinéma. Ainsi Griffith a inventé le montage parallèle : exemple, d’un côté, on voit le condamné à mort, de l’autre la personne qui apporte la preuve de son innocence, un plan puis un autre.

Notre œil est habitué aux techniques du cinéma  mais les premiers gros plans sur un visage ont effrayé les spectateurs qui croyaient à une tête coupée.

Cecil b De Mille dans « Carmen » dépeint la femme sûre d’elle et rebelle.
Le cinéma devient pictural, bleuté pour la nuit, rose ou jaune le jour. Le cinéma dit « muet «  est toujours accompagné de musique.

En 1917, la femme est sanctifiée avec Jeanne d’Arc, on utilise les métaphores : elle enfile le gant : elle relève le gant.

C’est le premier à filmer des signes : lumière qui transfigure le corps. ;

Avec Chaplin : « L’opinion publique »

La femme est victime, le film n’est fait que d’ellipses, exemple, les lumières défilant sur le personnage, c’est le train qui passe. Le réalisme n’intéresse pas Chaplin. Tout renvoie à la danse à l’état d’apesanteur.

Dans la « Jeanne d’Arc «  de Carl Dreyer, la femme est transcendantale : la blancheur du visage  fait transparaître la grâce.  C’est le premier film réalisé avec uniquement des gros plans..

 

Le cinéma est bien un art.

L’artiste a un imaginaire, c’est différent de l’imagination et permet la création artistique.

En art on ne fait pas mieux ou moins bien, on fait autre chose.

 

Les participantes enthousiasmées ont pris rendez-vous avec M. terrien pour une nouvelle conférence, en principe le mercredi 11 janvier  pour « l’épiphanie de la femme ».