Editos de Chantal

Chantal Bertrand

               https://www.facebook.com/chantal.l.bertrand

Eclats de Voix

«  Le monde ne comprendra pas que notre Europe ait pu se détruire pour des questions de frontières. »

Lettre de Stefan Zweig, juste après la Grande Guerre, à Richard Dehmel

  Ce trimestre, les musées du Nord/ Pas de Calais proposent des expositions autour du thème guerre et paix célébrant le centenaire de la guerre de 14-18 et l’anniversaire du débarquement des alliés en Normandie.  J’ai moi aussi commémoré le débarquement  sur la plage d’Omaha Beach où mon père a débarqué en 44.

« Arthur H. Heller 86, 1919- 2005 first name on monument US G.I. who participated in the Normandy landings in 1944 at Omaha Beach”

Jeune soldat américain  qui n’avait jamais quitté Boston, le voilà jeté sur les flots et les obus allemands. En marchant sur la plage  qu’il avait foulée, en remettant mes pas dans les siens, avec quelle émotion ,je rends hommage aux hommes qui se sont  battus pour que nous existions ,c’est ce sang courageux  et fier qui coule dans mes veines comme dans les vôtres coule le sang de vos ancêtres , les femmes qui ont assumées seules la vie domestique et le travail pour faire vivre la famille, qui ont  affronté la solitude et la mort, les soldats  dont  les lettres , les objets  racontent l’épopée terrible des tranchées, les nuits d’enfer,  les corps mutilés, perforés.

 HAMLET. Etre, ou ne pas être, c’est là la question.

Qui, en effet, voudrait supporter les
flagellations, et les dédains du monde, l’injure de l’oppresseur,
l’humiliation de la pauvreté, les angoisses de l’amour méprisé, les
lenteurs de la loi, l’insolence du pouvoir, et les rebuffades que le mérite
résigné reçoit d’hommes indignes, s’il pouvait en être quitte avec un
simple poinçon ? Qui voudrait porter ces fardeaux, grogner et suer sous
une vie accablante, si la crainte de quelque chose après la mort, de cette
région inexplorée, d’où nul voyageur ne revient, ne troublait la volonté,
et ne nous faisait supporter les maux que nous avons par peur de nous
lancer dans ceux que nous ne connaissons pas ?..


Shakespeare, Hamlet, Acte III scène 1, Le monologue d’Hamlet

 

L’histoire est en nous, elle est nous  comme le monde est en nous. Je crois que l’influence des êtres qui nous sont chers ne nous quitte pas parce qu’ils ne sont pas ou plus physiquement présents. Ils  continuent à vivre en nous telles des forces actives qui nous guident.  Certes c’est un peu douloureux de penser ainsi mais cette façon de penser comporte un réel potentiel et un réel pouvoir.

 

Chères amies,  je vous invite à rechercher des documents ayant appartenu à vos familles et qui rappellent le souvenir de ces combattants, faites des photocopies et donnez les à  Brigitte pour les insérer dans le livret. Notez également la  date du lundi 29 septembre pour la visite de l’exposition sur la Guerre au Louve Lens et la conférence d’octobre sur Talleyrand.

 

 « Etre, ou ne pas être, c’est là la question » que se posent les milliers de migrants qui débarquent en Europe  en vue de l’Eldorado que nous représentons, les populations exterminées pour des raisons religieuses,  les femmes, les enfants réduits en esclavage et martyrisés, « Qui, en effet, voudrait supporter les flagellations, et les dédains du monde, l’injure de l’oppresseur, l’humiliation de la pauvreté, les angoisses de l’amour méprisé, les lenteurs de la loi, l’insolence du pouvoir, et les rebuffades que le mérite résigné reçoit d’hommes indignes.. Qui voudrait porter ces fardeaux, grogner et suer sous une vie accablante ? » C’est aussi la question  que se posent nos états soi-disant riches dont les frontières illusoires ou disparues créent des peurs, des ressentiments, des angoisses  dont nous ne ressentons que les prémisses ! Quel est le prix à payer pour nos enfants dans cette marée humaine qui déferle comme un ouragan ?  Jamais nous n‘avons vu autant de conflits pour s’approprier un état ou  en détruire un autre, jamais autant de murs  dressés entre les peuples, tout est une question de frontières, de limites, de survie pour « Etre, ou ne pas être, c’est là la question » 

Lorsque vous plantez un panneau sur lequel vous indiquez «  propriété privée » vous délimitez un territoire, les limites intérieures/extérieures et les responsabilités qui  en découlent. Dans la vie privée aussi, les limites sont aussi réelles mais difficiles à percevoir, elles sont intangibles, flexibles, mobiles ! Alors comment reconnaitre ce que je délimite et me donne de la liberté, ce qui est Moi de ce qui  n’est pas Moi, car être responsable de ma frontière m’offre de nombreuses options. Définir ses  limites c’est affirmer, ceci je le contrôle, cela pas, ceci  est bon pour moi je le prends, cela est néfaste je ne le prends pas, ce poids- ci j’ai la capacité, les compétences pour le porter, cette charge-là est trop lourde pour moi je la laisse à l’extérieur de ma frontière. Quelles sont mes frontières ? « Etre, ou ne pas être, c’est là la question » 

Parmi mes clientes j’ai reçu une femme victime de violences, elle  n’avait aucune idée de ses frontières, elle ne savait pas que sa propriété privée commençait pas son corps aussi les  autres pouvaient l’envahir selon leurs bons plaisirs. A cela s’ajoute la  deuxième frontière celle des mots, faire savoir que vous existez dans la différence  et  définir ses limites  avec un oui, avec un non. Combien de fois n’avons-nous pas préféré le silence, s’interdire le non par peur de faire mal, de mettre en danger une relation ou lorsque la pression est trop forte, céder pour être tranquille, ne pas culpabiliser et perdre son self control ! Ce sont les mots qui délimitent notre  propriété, nos sentiments, nos goûts, nos choix et nos intentions. Les mots sont à la fois des ponts et des murs, des  portes ouvertes ou fermées sur notre jardin pour que d’autres ne viennent pas tout saccager. Nous disposons naturellement d’autres frontières comme l’éloignement géographique qui nous met à l’abri de relations toxiques, le temps  que l’on s’accorde pour prendre une décision , la distance émotionnelle que l’on s’offre en respirant , en méditant, en marchant, en écrivant ou  autre occupation solitaire   qui  donnent à notre cœur l’espace dont il a tant besoin pour se sentir en sécurité.  Dans les situations de harcèlement, la distance émotionnelle de la victime est indispensable pour que l’autre puisse être confronté à ses problèmes et qu’il ne trouve pas toujours sur son chemin un bon samaritain ! Lorsque  je ne définis pas mes limites alors c’est trop !  Trop  de « je vais t’aider » trop de «  je fais à ta place » trop de «  je suis indispensable « et  « sans moi tu n’y arriveras pas ».  Imaginez la détresse de celui ou celle qui se sent incapable d’agir comme figé dans  son bac à glaçons, qui ne perçoit  pas ou plus ses limites et réfléchissez aux conséquences  quant à ses valeurs saccagées et ses  talents  ignorés.

Face à ces situations personnelles qui ne sont que le reflet des situations politiques, existent des solutions et nos états pourraient bien se les approprier  s’ils en avaient la volonté et le courage. Peur du défi, peur de la responsabilité, peur du conflit. Sur la plupart des lieux de travail  et  chez nombre de familles, l’harmonie est préservée grâce à un consensus de façade « pas de vagues ». En fait ce qui transparait dans la plupart  des contextes c’est la surface lisse, l’absence apparente de problèmes. Cela me fait penser  aux discours de nos politiques ! Chacun s’assied tranquillement dans un coin pendant le temps que dure la réunion, le diner, et exprime vraiment ce qu’il ressent dans un couloir  ou au cours d’échanges à l’extérieur de la maison. Ce type d’harmonie est mise en péril par  un changement profond alors  les rochers recouverts par l’eau redeviennent visibles, ils ont toujours été présents ! Tout le monde le savait et les intéressés  plus que d’autres. A quoi sert-il de prendre un risque de bousculer ses limites  et de sortir un gorille du placard !

Si la peur et l’angoisse sont de saines réactions il est intéressant de considérer la flexibilité de mes frontières, de pratiquer des ouvertures dont je pourrais réduire ou augmenter l’écart  en accélérant le développement de la sécurité .Les frontières que j’ai posées à une époque sont-elles les mêmes aujourd’hui ? Les limites que m’ont imposées mon entourage, la peur de me révéler, de faire des erreurs, de blesser les autres sans le vouloir en raison d’un comportement inadéquat ce sont là des préoccupations normales dans un projet de changement. Aurais-je le courage de les remettre en question et de m’offrir de nouveaux espaces de liberté et de créativité, d’épanouissement  et tout simplement de survie ! « Etre, ou ne pas être, c’est là la question » !

C’est la question que pose toute l’œuvre de Rembrandt ; les autoportraits d’un vieillard usé, accablé par les soucis et la mort de ses proches, que nous verrons le jeudi 6 novembre à Londres, mettent en scène à travers l’ombre et la lumière, la question de l’existence et de la création rejoignant ainsi Hamlet :

« Qui voudrait porter ces fardeaux, grogner et suer sous
une vie accablante, si la crainte de quelque chose après la mort, de cette
région inexplorée, d’où nul voyageur ne revient, ne troublait la volonté,
et ne nous faisait supporter les maux que nous avons par peur de nous
lancer dans ceux que nous ne connaissons pas ?.. »

 

A très bientôt, avec ma chaleureuse amitié,

                                                                                      Chantal Bertrand

 

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Dans un petit jardin qu’elle soigne avec amour,  une femme aime particulièrement  une allée couverte de rosiers grimpants. Je la voyais souvent le sécateur  dans une main, un panier dans l’autre continuellement épurer sa roseraie de toute fleur fanée, ses roses devaient briller de l’éclat continuel de leur nouveauté. C’était la chasse aux fleurs fanées. Elle en était arrivée au point de ne plus voir que les pétales jaunis  et ne jouissait plus de la beauté de l’ensemble, fascinée par les défauts et presque en attente de la prochaine rose fanée.   Un jour alors qu’elle se promenait dans son allée,  elle vit son ombre et son sécateur à la main, prête à couper tout ce qui dépassait tout ce qui mourait et s’éteignait.  Un choc brutal qui la fit réfléchir. Est-ce que je me promène ainsi dans la vie avec mon sécateur, rayant les erreurs, les défauts,  obsédée par les  désillusions ?  La belle allée de rose, les grands moments de bonheur,  il fallait de nouveau les contempler, admirer ce qu’il y a eu de beau, de bon dans mon allée, et respirer le parfum de mes réussites. La vie est une série d’expériences auxquelles nul n’échappe ; chacune a   sa raison d’être même si nous n’en n’avons pas conscience et délivre un enseignement nécessaire  à notre évolution, chaque expérimentation vécue rapproche du bien-être et ce qu’il y a de merveilleux est de rien faire pour cela, juste vivre sa vie telle qu’elle se déroule.

C’est bien plus tard à l’approche de la soixantaine  par exemple que l’on se demande pourquoi avoir fait tel choix à ce moment-là, pourquoi tel engagement, telle décision ? On se repasse en boucle les raisons du changement, ce qui a influencé une décision. La rupture de nos chères habitudes, un bouleversement familial ou professionnel fait l’effet d’un cataclysme au moment où il se produit puis bien  plus tard  un élément de renouveau voire une métamorphose.  Et un jour par hasard au détour d’un chemin, un éclair survient, une lumière brille en nous et on raccroche tous ces petits wagons, toutes ces voitures et  on découvre que c’est bien nous qui conduisons la locomotive et que ce train de la vie prend enfin un sens et une direction.

 Si nous partions en voyage… Venez avec moi, montez dans le train ; comme c’est étrange !  Vous le reconnaissez c’est votre train, vous êtes le seul voyageur? Promenez-vous de voiture en voiture, franchissez les étapes de votre vie,  le temps s’est arrêté là où vous l’aviez laissé, là sous vos yeux renaît comme par magie chaque évènement  marquant de votre vie. Un pèlerinage à la rencontre de ceux qui vous attendent sur cette banquette, des rires et des pleurs qui  résonnent, une odeur de moisi, un voile de parfum qui plane dans un compartiment, une sensation étrange de déjà vu, une voix reconnaissable. Comme si vous étiez à la fois spectateur et acteur, conducteur et passager. Chaque porte s’ouvre sur une fraction de votre vie, une ville, un pays, une maison, mais aussi un lieu de vacances, un hôtel de rêve, une soirée sous la tente, un paysage familier et vous émeut au plus profond de votre cœur, tant d’émotions en si peu de temps…  Comme il bat vite ce petit cœur,  brisé parfois mais toujours vivant, toujours aimant, toujours confiant. Ecoutez  le rythme de vos pas qui parcourent  la voie ferrée et s’empare de votre âme.  Une porte qui s’ouvre  sur une naissance, un mariage,  une autre qui se ferme sur un deuil, une séparation, une porte ouverte  pour embrasser d’un regard un coin de paradis et l’autre qui se ferme  sur les déceptions et les regrets. Par la fenêtre vous apercevez le paysage  qui défile et vous récoltez dans votre mémoire  ce musée vivant qui vous raconte et vous relie à  vos ancêtres. Tiens, personne dans cette voiture, elle est vide  car ce temps-là, ce lieu-là a disparu de vos souvenirs, ou bien s’en est allé comme un tableau noir effacé pour laisser place à votre imagination et votre créativité, par contre celle-là est encombrée de valises, sacs de voyage qui bloquent le passage.  Asseyez-vous un instant, ouvrez- les, c’est le moment de faire le tri, de se délester des relations  toxiques, des objets encombrants, des ruminations vaines et conserver avec amour des trésors d’amitié, des instants de grâce qu’une émotion transporte.

Ce diaporama de votre carrière  met en lumière des effets pervers auxquels on ne prête pas attention au quotidien comme l’aversion naturelle au changement.  Observez ! Plusieurs fois vous traversez la même situation et à chaque fois même réponse et jamais la bonne solution.   Plutôt que d’analyser une difficulté en fonction de ses caractéristiques spécifiques, nous préférons habituellement recourir aux bonnes vieilles recettes et aux solutions qui ont fait leurs preuves dans des circonstances similaires, reproduire continuellement les mêmes erreurs,  faire preuve d’inertie et ne pas perdre de temps ; mais aujourd’hui face à la complexité des problèmes que nous devons résoudre, une solution plus lente et plus novatrice s’impose.  A vous maintenant d’innover au lieu de reproduire !   Jetez la photocopieuse, osez et  introduisez le marketing des grandes enseignes dans votre quotidien, choisissez vos têtes de gondole afin  de  transmettre à votre tour  avec humilité et conviction.   

 J’ai fait tout çà pour en arriver là,  je me dis parfois.  Eh oui il fallait que je passe par toutes ces étapes, Il fallait que je traverse ces lieux, ces ombres, ces voix, ces écrans, que je déambule parmi les photos et les choses  figées, glacées, que je percute et trébuche sur la pierre du conflit, que je  me repose et m’ assoupisse dans les bras aimés et me réveille un jour en sursaut   pour affronter une nouvelle épreuve et une nouvelle mission. Car ce voyage m’a révélé la magie de l’instant présent comme une bénédiction pour les années à venir.  Il y a encore des places libres pour les prochains invités de mon train. Montez, prenez  place, déjeunons ensemble, nous avons tant de projets  en perspective.

Ce train c’est peut-être  le vôtre c’est aussi le mien. Je vous parle du train car  ce qui relie Littor’elles à votre Présidente c’est le train. Celui que je prends,  pour vous retrouver puis vous quitter.  Le présent se raccorde au passé, hier se fond dans aujourd’hui,  la chaleur d’une main et la tendresse d’un sourire transfigure l’instant en éternité. Il me semble parfois que je possède  cette étrange capacité d’étirer les lignes du temps comme de la guimauve et de déguster un parfum différent selon mes humeurs et mes destinations.  Quel plaisir de vous concocter un nouveau programme, que d’espérances engrangées dans un livret. Ce livret, le dernier de l’année je vous l’offre  de tout mon cœur, alors inscrivez-vous ! Invitez vos amis à la conférence de Monsieur Berquier et  rejoignez-moi à Chantilly pour notre dernière sortie.

Cet édito, j’en fais cadeau  à Brigitte et à toutes celles qui ont franchi récemment ou franchiront bientôt le fameux cap de la soixantaine.  Je leur souhaite un beau voyage vers de nouvelles aventures.

 

 Avec mon amitié,

Chantal Bertrand

Une cathédrale dans la Tête

On attribue  à Charles Péguy la fable suivante.

En se rendant  à Chartres, Péguy voit sur le bord de la route un homme qui casse des cailloux à grands coups de maillet. Péguy s’arrête et demande : « Monsieur que faites-vous ?? »Vous voyez bien, lui répond l’homme, je fais ce métier stupide et douloureux. Un peu plus loin, Péguy aperçoit un autre homme qui lui aussi casse des cailloux, mais son visage est calme et ses gestes harmonieux. « Que faites-vous, monsieur ? » lui demande Péguy ? Eh bien, je gagne ma vie grâce à ce métier fatigant mais qui a l’avantage d’être en plein air, lui répond-il. Plus loin, un troisième casseur de cailloux irradie de bonheur. Il sourit en abattant la masse et regarde avec plaisir les  éclats de pierre. « Que faites-vous ? « lui demande Péguy. « Moi, répond cet homme, je bâtis une cathédrale !

Commentaire de Boris Cyrulnik :

«  Le caillou dépourvu de sens soumet le malheureux au réel, à l’immédiat qui ne donne rien d’autre à comprendre que le poids du maillet et la souffrance du coup. Alors que celui qui bâtit une cathédrale transfigure le caillou, il éprouve un sentiment d’élévation et de beauté que provoque l’image.de la cathédrale dont il est fier. Mais un mystère se cache dans le monde intime des casseurs de pierres : Pourquoi certains ont-ils une cathédrale dans la tête là où d’autres ne voient que des cailloux ? » Parler d’Amour au bord du Gouffre 

Le sens des choses n’est pas dans la réalité objective, dans l’instant, il est dans l’histoire et  la mémoire, dans l’espoir et le but poursuivi.  Notre société cultive l’instant, la jouissance immédiate, la consommation effrénée, la tentation d’accéder à la renommée, au bonheur par les divertissements instantanés un peu comme la pub Nescafé qui associe la notoriété  à la saveur gustative, identifie le consommateur à une star ou pire  aux « bimbos »  du fan club de Georges Clooney ! Les journaux, les infos, les pubs, les ruptures sociétales transforment l’homme en un robot qui doit aimer, penser  agir comme on l’a programmé. S’il devient un casseur de cailloux alors quelle liberté pour les manipulateurs, quel pouvoir pour les politiques, quelles réjouissances pour les journalistes ! Vous avez dit Infos ? Ce ne sont que des  micros-trottoirs, des témoignages de casseurs de cailloux  tristes et désespérés.   Une vie sans frustrations  toute entière dédiée au plaisir provoque, dégoût, agressivité et dépression jusqu’au désespoir, elle privilégie l’Avoir et n’offre d’autre issue que d’Etre un casseur de cailloux. Allons-nous transmettre l’enfer en héritage ?  Des Hommes et des Femmes meurtries dans l’indifférence ? Allons-nous transmettre l’espérance en héritage ?  Quelles missions et quelles responsabilités  pour nous parents et grands-parents  dans le décryptage des conflits et des enjeux  politiques et économiques  si nous voulons que nos enfants et petits-enfants bâtissent  leur cathédrale et voient s’élever les flèches de leur réussite et de leur liberté.

 La puissance d’une Association comme Littor’elles est inscrite  dans son ADN , ce sont les attributs de  notre identité : un engagement éthique respectueux de la diversité ,  une  mémoire qui nous relie, et que  nous transmettons  à celles qui nous rejoignent,  des souvenirs et des émotions  que nous partageons  ,des compétences et des capacités mises en commun  qui contribuent au succès,   un apprentissage à se penser par soi-même  loin des stéréotypes, des rencontres et des retrouvailles qui se vivent  dans la durée, enfin un air de liberté qui souffle dans le car lorsque je vous emporte loin des soucis et des tracas de l’instant.

  Le programme éclectique que je vous propose vous séduira dans sa diversité et sa modernité.

  1. Rencontre à Paris avec Joséphine à l’occasion de  l’exposition Joséphine au Musée du Luxembourg qui retrace  l’histoire d’une femme belle, influente qui fit rayonner  le goût français dans le monde. Pour préparer cette visite, une conférence le lundi 10 mars par le Vice-Président de la Société  Napoléon.
  1. Rencontre à Paris avec le  plus célèbre représentant de l’art vidéo. J’ai découvert Bill Viola lors de la représentation de Tristan de Wagner  à l’Opéra Bastille. Ce fut une soirée très étrange et même perturbante, attirée par l’écran  qui projetait des scènes oniriques  autour de l’amour et de l’eau et fascinée par les voix et la musique de Wagner.   D’ailleurs l’affiche de l’exposition au grand Palais reprend une scène de Tristan. Nous aurons donc une conférence en salle sur Bill Viola  suivie de la visite libre des vidéos car  il est essentiel que vous puissiez éprouver des émotions face à l’image.
  1. Rencontre à Bruxelles avec  Zurbaran, le Maître de l’Age d’Or Espagnol, baroque et mystique. J’aimerai à ‘occasion de l’exposition de Zurbaran, rendre hommage aux plis car le pli c’est la vie. Chez Zurbaran les plis du vêtement prennent autonomie, ampleur, et ce n’est pas un simple souci de décoration, c’est pour exprimer l’intensité d’une force spirituelle qui s’exerce sur le corps, soit pour le renverser, soit pour le redresser ou l’élever, mais toujours le retourner et en mouler l’intérieur. Que penser du  Christ de Zurbaran qui se pare d’un énorme pagne, bouffant  qui se répand presque au pied de la croix,  une vallée de larmes et de souffrances  ou de l’infini des plis  du manteau de la vierge , immense, cloqué, bouffant, ouvert, un nuage de bleu qui sort du tableau comme une aventure spirituelle qui jaillit du miracle et embrasse  le spectateur  qui en perd ses repères, et dévoile la majesté de l’âme.  Le peintre aime à rendre les plis amples des robes aux reflets moirés des  dames de l’époque, les rideaux rouges, gonflés opaques lourds de velours qui s’emparent de la toile, on  les dirait animés par une présence qui nous est cachée. Regardez aussi les plis rêches, raides de certains vêtements de saints, la texture rêche de l’étoffe évoque les souffrances de la vie monastique.
  1. Rencontre enfin avec le tout nouveau Musée Fin de Siècle que je viens de visiter et qui m’a séduit  car il expose les grands changements économiques, sociaux et culturels de la fin du XIXème siècle.

 « De salles en salles, les mouvements artistiques se succèdent : impressionnisme, réalisme, néo-impressionnisme. Le symbolisme étrange de Fernand Khnopff séduit, tout comme l’érotisme irrévérencieux de Félicien Rops. Les vues d’usine et sculptures d’ouvriers de Constantin Meunier, inspiré par le naturalisme d’écrivains comme Emile Zola, traduit l’intérêt naissant des milieux artistiques de l’époque pour la classe ouvrière. Le pointillisme est représenté de belle manière par sa principale figure belge, Théo Van Rysselberghe. Le visiteur pourra comparer ses œuvres, dont une séduisante « Promenade » peinte sur la plage d’Ambleteuse, dans le Pas-de-Calais, avec « La Seine à la Grande Jatte », du Français Georges Seurat. Le musée expose aussi l’unique œuvre de Van Gogh achetée de son vivant, par la peintre belge Anna Boch, un penseur de Rodin ou un charmant « Nu à contre-jour » de Bonnard. Ce n’est pas un hasard puisque Seurat, Gauguin ou Rodin sont passé par les salons des XX et de la Libre Esthétique. »

Voilà chères adhérentes, le superbe programme qui vous est destiné et je vous invite chaleureusement à vous inscrire à ces quatre visites qui rythment la vie culturelle à Paris et Bruxelles.

                      Votre Présidente

                                             Chantal Bertrand

Saveurs sucrées, saveurs sacrées, saveurs amères !

Chère Amie, chère Adhérente à Littor’Elles,

Après ces belles vacances ensoleillées, quelle joie de vous revoir le 23 septembre pour notre Assemblée Générale. Pour alléger nos agendas,  j’ai demandé à Christine Séry de rejoindre le bureau et de partager avec nous l’encadrement des sorties et les inscriptions. Je suis heureuse qu’elle accepte de donner  non seulement du temps mais surtout de l’énergie, du plaisir, de la curiosité, et qu’elle nous fasse bénéficier de son sens de l’organisation et de sa créativité. Depuis des années, nous offrons à voir, à écouter, à ressentir, autant de saveurs qui régalent les adhérentes.  Et  cette année  encore l’émotion est au rendez-vous. Ce  programme est  une œuvre d’art, coloré, varié et  harmonieux, comme vous ne le trouverez nulle part ailleurs.  Un régal pour vos papilles, un régal pour vos yeux, un régal pour votre cœur, une abondance d’émotions et de saveurs sucrées, sacrées et amères.

Vous aimez le chocolat ? C’est le moment  d’acheter  vos chocolats de Noël .A vous la visite/atelier et dégustation  de Laurent Gerbaud, le jeune prodige du chocolat belge.  Un véritable amoureux du chocolat qui prend le temps d’expliquer son parcours – de l’histoire médiévale au chocolat en passant par la Chine ou le cheminement d’un esthète qui crée les associations les plus subtiles à partir de produits rigoureusement sélectionnés dans le monde pour leur qualité gustative unique. Choix des matières premières et conjugaisons créatives mariant parfums et textures, sucré et salé, saveurs douces, acidulées, amères et piquantes, toute la production de Laurent Gerbaud atteste d’une recherche originale qui rompt avec les goûts traditionnels de l’art chocolatier belge.

C’est à l’occasion de l’exposition «  Corps de l’Inde »  que j’ai orienté ces deux mois autour de l’Inde  d’hier à aujourd’hui. J’ai  choisi de mettre en miroir deux  visages de l’Inde : l’omniprésence du corps dans l’art et la culture indienne, les femmes parées des saris chatoyants, la beauté des corps des dieux du panthéon indou, et en face  les notions de pureté et  d’impureté dans la société indienne,  la violence exercée à l’égard du corps féminin aujourd’hui. Tour à tour sensuel, intouchable, orné, sacré, outil ou obstacle ; c’est parce que le corps permet d’aborder tant d’aspects de la culture indienne que je l’ai choisi comme thème central de ces deux mois.

Nous commençons notre voyage  par  la visite du plus grand temple Indien d’Europe, une merveille de marbre blanc, tradition et modernité, saveurs sacrées des temples  Indiens. Nous visiterons l’exposition et  dans le Mandir, nous assisterons à la cérémonie traditionnelle de la lumière «  Arti ». Nous poursuivons notre voyage par  la visite de l’exposition  à Bruxelles : Yoga, Ayurveda ou Kâma-Sûtra – la manière dont la civilisation indienne aborde le corps est l’une des plus fascinantes qui soit. Cette exposition propose un voyage inoubliable de la mort à la renaissance, des forces maîtrisant le destin au pouvoir de l’action humaine, du désir et de la séduction à la conquête du corps par le biais de l’ascétisme. Venez découvrir d’envoûtants chefs d’œuvre de l’art indien -jamais encore exposés pour certains-, issus de temples anciens, de musées provinciaux oubliés, de collections royales et du Musée National de l’Inde

Je vous propose également deux conférences en miroir pour illustrer  le contraste saisissant entre  la   manière dont l’Inde depuis des millénaires enseigne la médecine traditionnelle , l’Ayurveda  , et d’autre part fait bien peu de cas de la santé des femmes soumises à des  comportements ancestraux et sclérosés.

Que savons-nous des pratiques anciennes et du rapport entre bien être et aliment ? Dans toutes les traditions et systèmes de soins naturels, l’alimentation joue un rôle primordial qui permet de restaurer l’équilibre du corps. Traditionnellement, en Inde, sont définis des principes subtils, de qualité vibratoire, énergétique, gustative, nutritive, alliés aux vertus des épices, au respect des cinq éléments, à l’harmonie des couleurs et à l’attitude face à la nourriture ; Pour décrypter ces pratiques, j’ai demandé à une amie  Natalia Proops formée au célèbre Chopra Center   de nous présenter  l’Ayurveda dans la tradition indienne.

En Inde, l’ascension de plusieurs femmes à des postes clés en politique donne une image souvent trompeuse de la condition de la femme dans le pays. De nombreuses indiennes sont encore régulièrement victimes de violences au sein d’une société qui reste en grande partie patriarcale Qu’en est-il de  la réalité de la vie quotidienne des femmes en Inde ?  Les médias rapportent une inflation des  violences à l’égard des femmes et pas seulement en Inde.  Les mariages arrangés entre castes, l’accès à l’éducation, le droit de disposer de son corps autant de sujets abordés lors de la deuxième conférence sur le même thème. J’ai sollicité Monsieur Douglas Gressieux, Président de l’Association  « Les Comptoirs de l’Inde » pour nous présenter la situation actuelle de la femme en Inde. L’Inde, le pire pays parmi les grandes puissances économiques mondiales Les chiffres officiels font état d’une indienne tuée toutes les heures, conséquence de désaccords à propos de la dote coûteuse qui accompagne le mariage.

Elle s’était engagée pour défendre la cause des femmes en Afghanistan, écrivaine indienne, installée en Afghanistan, infirmière en gynécologie , adversaire des Talibans, elle étaient devenue célèbre lorsque le récit de son évasion par suite de menaces de mort des talibans devenu un bestseller «  A  Kabuliwala’s Bengali Wife » fut adopté à l’écran par Bollywood « Escape from Taliban »   Le jeudi 4 septembre, Sushima Banerjee 49 ans a été retrouvée à proximité de l’école coranique locale, son corps criblé d’une vingtaine de balles.

Atiq Rahimi : « Sushmita Banerjee a su donner un nom à la souffrance des femmes en Afghanistan »

Saveurs amères que cette  situation  qui se généralise dans de nombreux pays.

Au Libéria, les images de ces femmes en blanc héroïques qui ont réussi à chasser Charles Taylor du Libéria ont fait le tour du monde. Parmi elles, Leymah Gbowee, « Notre force est infinie » le chef de file du mouvement. Un témoignage renversant, poignant et criant de sincérité sur son combat pour la paix et la démocratie au Libéria et en Afrique de l’Ouest, doublé d’un magnifique portrait de femme. Leymah Gbowee s’est vu remettre le Prix Nobel de la Paix en 2011

Les Egyptiennes n’ont plus peur, aujourd’hui, de dénoncer « le terrorisme sexuel » dont elles font  l’objet. En Egypte, deux femmes sont violées toutes les heures en moyenne affirme l’ONG Egyptian Center for  Women Rights (ECWR). Cette ONG indépendante milite pour la défense des droits des femmes et contre le harcèlement sexuel dont les Egyptiennes sont victimes dans leur quotidien.

 

Le printemps arabe sera-t-il l’enfer des femmes ?                                                                Les  espoirs se sont fanés comme les fleurs de printemps. Pour quelques-unes qui s’en sortent combien poursuivent en silence une vie sordide et douloureuse ? Que d’amertume pour celles qui ont participé à ce réveil de la jeunesse arabe et qui aujourd’hui se terrent chez elles.

 

Il appartient aux femmes et à elles seules, à présent de reconditionner et de modifier l’image qu’elles offrent d’elle mêmes, un relooking de la féminité en quelques sorte.

Voici  un livre que je conseille aux jeunes femmes principalement celles qui sont aux prises de conflits professionnels et qui  subissent la pression de la hiérarchie et se battent pour briser le plafond de verre

«  L’Art de la Guerre pour les Femmes » de Chin-Ning Chu

«  Nous pouvons envisager la féminité comme un «  produit » et ce produit est le plus mal étiqueté du marché tout comme la publicité qui est faite autour de lui est sans doute la plus trompeuses de l’histoire de l’humanité. Nous avons été qualifiés comme inférieures.. et nous avons été représentés par les symboles les plus dégradants que l’humanité pouvait exiger »

 

 

 

 

 

Elle propose huit solutions pour modifier son image, je vous les donne mais je vous conseille d’aller lire les explications dans son livre :

 

  1. 1.     « Les femmes sont créatrices de beauté, sans les femmes le monde ressemblerait à une garçonnière !un lieu sale, en désordre et à l’odeur nauséabonde !!
  2. 2.     Les femmes sont gardiennes de la lumière de l’humanité Tandis que nous avançons nous ne devons pas oublier d’où nous venons et comment nos rôles précédents nous ont permis d’avoir de meilleurs compétences que nos collègues masculins
  3. 3.     Les femmes n’abandonnent pas. Dans les affaires, la persévérance et  la capacité   à supporter l’insupportable sont essentielles  à la réussite à long terme, nous sommes plus résistantes et nous pouvons endurer plus de souffrances.
  4. 4.     Les femmes sont plus avisées que les hommes, le bon sens est l’outil le plus important dans le monde des affaires lorsqu’il s’agit de prendre des décisions
  5. 5.     Les femmes sont intuitives ; l’intuition féminine innée accroît notre capacité à maitriser naturellement la pensée stratégique
  6. 6.     Les femmes sont gardiennes de notre mère la Terre Les femmes fournissent l’énergie mentale et physique nécessaire au maintien de l’environnement terrestre
  7. 7.     Les femmes sont fortes, caractéristiques longtemps considérée comme masculine
  8. 8.     Les femmes ont l’esprit de compétition ce n’est pas parce que nous sommes sensibles et bienveillantes que nous n’aimons pas les sensations fortes que procure la compétition ! »

 

Voilà, mon programme pour ces deux mois ! J’espère que vous aurez autant de plaisir  à  le parcourir  que j’ai eu à le préparer.

Amitiés

Chantal Bertrand

 

 Entrez dans la ronde, chantez, dansez, embrassez qui vous voulez »

 

La joie et la bonne humeur arrivent avec le soleil et les tulipes. Sans la joie, l’âme est comme une terre sans chaleur, sans soleil le corps s’affaiblit et sans Littor’Elles nous serions orphelines de l’amitié.

Il y a dans  la vie  de chacune d’entre nous de tels obstacles intérieurs et extérieurs à garder sa bonne humeur qu’il importe d’avoir des convictions solides sur les raisons que nous avons de la cultiver et sur les moyens pratiques que nous pouvons prendre pour la développer. Avez-vous remarqué  que la bonne humeur assure le succès? Grâce à elle on sent moins la fatigue et on supporte mieux les contradictions, les imprévus, les contrariétés. Grâce à elle, l’esprit est plus lucide, la pensée plus claire, l’âme plus sereine, elle  double les énergies et donne à nos actions un élan irrésistible. Elle attire les sympathies, inspire la confiance, facilite les relations même avec les personnes les moins disposées à notre égard !  L’humeur chagrine, ferme le visage, contracte les traits, crispe les muscles,  a des répercussions sur l’organisme alors que la bonne humeur  détend les muscles, active la circulation, accélère la respiration comme le dit un vieux dicton « Modération, calme et bonne humeur ferment la porte au docteur »

Comment avoir un rayonnement autour de nous si on néglige  cette culture de la joie profonde, intérieure, stable dont la bonne humeur est un des aspects extérieurs. L’essentiel dans la vie comme dans un jardin n’est pas d’arracher les mauvaises herbes mais  faire pousser les plantes  qui embellissent le jardin. Il y a là un tel  plaisir à voir les tulipes pointer le bout de leur nez, il  y a là une source incommensurable de joie envers nos enfants et petits enfants en leur montrant que l’amour et l’éducation ne consiste pas à enlever les défauts mais à faire grandir les talents.

Quand une personne vit pleinement, les autres en font autant !  La joie et la bonne humeur que j’ai apportées  à Littor’Elles pendant toutes ces années je vous l’ai confiée pour qu’elle déteigne en vous et autour de vous.  Comme le dit l’écrivain et psychanalyste Clarissa Pinkola Estès, me voici  arrivée à l’âge où je suis « jeune dans la vieillesse et vielle dans la jeunesse …. Nous les grands- mères depuis  plus ou moins longtemps notre rôle est de faire du bien, guérir le corps et l’esprit d’un baiser et d’un mot, faire circuler encore et encore l’énergie vitale, la joie quels que soient les dévastations subies ou les coups portés à notre écorce , la grand-mère n’en démord pas, l’amour et l’amour profond est le  meilleur engrais de l’âme. » 

Une grand-mère n’est pas simplement une personne qui a vécu un grand nombre d’années !!  On devient grand-mère par ce que l’on a fait de soi et autour de soi  durant tout ce temps, par la corrida de la vie  dont on est sortie blessée parfois mais gagnante et par  le nœud qui nous relie  entre le temps écoulé et le moment présent. La grand-mère seule détient les clefs pour ouvrir le coffre  emplis de trésors enfouis depuis plusieurs générations et  dont elle révèle les mystères aux petits enfants en leur racontant des histoires.  La grand-mère  est l’ultime héroïne  de la modernité, en ce monde où plus rien  ne fait rêver ni le grand amour,  ni le Prince Charmant , ni le super job, ni le beau château, ni le beau carrosse ou la jolie robe de bal ! Elle seule a encore le pouvoir de transformer  les petits enfants en  souris,  la chambre en montgolfière et les téléphones portables en marshmallows ! C’est la Marie Poppins du XXIème siècle qui prend les enfants par la main, ouvre grand son parapluie noir et s’envole au-dessus de l’irrésistible attraction  de l’individualisme.

 

Et maintenait prêtez l’oreille, entrez dans la ronde,  chantez et dansez avec moi le grand bonheur que furent ces longues années de partage, ces rires fous, ces rencontres inédites, ces moments de grâce qui se sont évaporés dans nos souvenirs mais dont il reste un arrière-goût dans notre cœur comme un  bonbon  à la violette ou à la rose dont le parfum évoque un jardin ou un voyage.

Qu’est-ce qu’une ronde sinon passer le relais de l’amitié d’une main à l’autre, c’est aussi comme dans le film de Max Ophuls ou celui de Vadim plus tard, avec plus de coquetterie passer l’amour d’une personne à une autre.                                                                             Quel plus grand bonheur que de tenir au creux de votre  main celle de l’homme que vous aimez ou avez aimé,  la petite main potelée de l’enfant ou la main émaciée de la grand-mère ?  Prendre  une personne par la main, l’emmener dans la danse de la  vie, lui communiquer votre chaleur,  votre tendresse  est une immense source de joie et parfois la dernière.

 

 

 

                                                            

 

 

 

 

                                                 

 A Littor’ Elles,  je dédie cette ronde.

 

Pour celles qui au cours de ces années ont fait preuve de sagacité  en me guidant dans la douceur et la confiance,

pour celles qui ont maintenu le cap à mes côtés malgré la tempête,

pour celles qui veillent sur Littor’Elles comme les vestales sur l’huile de la lampe pour qu’elle ne s’éteigne pas,

pour celles qui ont fait résonner notre car de grands fou rires et ’éclats de vie,

pour celles  dont les cheveux blanchis et les sourires malins m’ont donné la main et   ont préservé le rituel de l’amitié,

pour celles qui sont passées un jour, ont  laissée des traces et se sont éloignées sans jamais disparaitre,

pour celles qui se souviennent de nos premiers amours et qui sans faillir sont fidèles au poste et embarquent  à chaque sortie avec le même bonheur,

pour celles chargées de solitude et de souffrance qui  ont déposé au pieds de leurs amies des sacs bien lourds à porter pour leur frêle épaules et les ont repris  allégés   emplis d’espérance,

pour celles qui ont transformé les épreuves en ponts  suspendus au-dessus du vide et qu’il fallait franchir, 

pour celles que j’ai abandonnées au cours de la route sans jamais  s’éloigner  de mon regard,

pour  toutes vos beautés, vos peines, vos quêtes, pour  celles qui s‘émerveillent et passent le relais,

pour les  questions que vous avez  posées  et les réponses que vous avez reçues comme des bouquets de roses,

pour celles qui marient l’élégance du corps  à celle du cœur,

pour celles qui  malgré les maux, les dépits, les  chocs, les pertes et les joies  ont pris leur vie en main ont choisi  l’ici et le maintenant  comme bréviaire,

 pour celles avec qui j’ai partagé les talents, les bons et moins bons moments, 

pour celles qui arrivent la première fois apportant la joie et la bonne humeur

 J’exprime  ici une gratitude infinie aussi vaste que les plages du Pas de Calais. Et  pour moi dont le plus ardent désir est de vous abreuver à la source intarissable de la joie Littor’Elles est plus qu’une ronde c’est une symphonie d’émotions qui jaillissent à chaque  minute de la journée, une valse qui emporte comme le vent du nord et dont je ne me lasse jamais.